La police brésilienne reprend le contrôle de neuf favelas à Rio

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Alors que les autorités brésiliennes ont lancé dimanche une vaste opération de « pacification » dans des favelas de Rio contrôlées jusque-là par des narcotrafiquants, les habitants des bidonvilles, eux, se plaignent des abus de la police.

Les autorités brésiliennes, soucieuses d’améliorer la sécurité avant la Coupe du monde de football de 2014 et les Jeux olympiques en 2016, ont lancé une vaste opération de « pacification » de plusieurs favelas. Dimanche 6 octobre, quelque 370 membres des forces d’élite de la police, appuyés par des blindés de l’armée, ont pris le contrôle d’un ensemble de favelas de Rio de Janeiro investi par les narcotrafiquants. Au total, environ 1 000 membres des forces de sécurité (soldats, policiers militaires et civils) ont participé à cette opération.

En tout, ce sont neuf favelas de Lins de Vasconcelos dans la zone nord de la ville qui ont été pris d’assaut par la police. Aucun coup de feu n’a été tiré. Après avoir encerclé les favelas, la police a commencé à fouiller les maisons et à interroger des suspects. Une quantité non spécifiée de drogues et de chargeurs de fusils a été saisie dans cette favela où deux narcotrafiquants ont été tués cette semaine lors d’affrontements avec la police.

Cette opération répond à « une demande de la population depuis longtemps », a assuré le secrétaire à la Sécurité de l’État de Rio, José Maria Beltrame, cité par le site d’information G1. Il s’agit de la première opération de « pacification » depuis le scandale d’un maçon assassiné par la police.

Le programme de « pacification » critiqué

Une Unité de police pacificatrice (UPP), nom donné à la police qui s’installe dans les favelas reconquises, doit s’implanter dans cette région où vivent 15 000 personnes. Trente-quatre de ces unités existent déjà. Les autorités prévoient d’en créer cinq nouvelles d’ici à l’été 2014.

Mais des habitants, comme Marcia, 51 ans, ont dit ne pas avoir besoin d’une UPP. « Si quelqu’un ici dit qu’il accepte l’UPP, c’est un mensonge », a-t-elle lancé. Le programme de « pacification » fait l’objet de nombreuses critiques après que la police a été accusée de corruption et de torture dans la plus grande favela de Rio, la Rocinha.

Cette semaine, dix policiers ont été arrêtés sous l’accusation d’avoir torturé jusqu’à la mort un maçon, Amarildo de Souza, puis d’avoir fait disparaître son corps. Selon l’enquête de la police civile, 22 autres personnes ont été torturées par les forces de sécurité afin d’obtenir des informations sur le trafic de drogue dans cette favela. « J’ai peur que d’autres (cas comme) Amarildo apparaissent », a confié Marcia à l’AFP.

Plusieurs manifestations ont eu lieu pour réclamer à l’impopulaire gouverneur de Rio, Sergio Cabral, des informations sur le sort de la victime. « Nous n’allons pas arrêter de créer des unités de police pacificatrice en raison de ce cas isolé », a prévenu le médiateur Nelson Bruno qui a suivi l’opération à Lins de Vasconcelos pour constater d’éventuels abus. « Tout est tranquille, il n’y a pas eu de réclamations », a-t-il assuré.

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