Découvrez Adriano Correia de Oliveira

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Adriano Correia de Oliveira (9 avril 1942 à Porto-16 mai 1982 à Avintes) est un musicien engagé et résistant au régime de Salazar. Ami du poète socialiste Manuel Alegre, il chanta beaucoup de ses poèmes dont Trova do vento que passa. Au début des années 60, il a été le premier à se manifester à travers ses chansons contre le régime en parlant ouvertement à propos de la Guerre Coloniale.
Il a prêté sa voix aux poèmes de Manuel Alegre et Manuel da Fonseca (et à l’occasion à ceux de Fiama, Matilde Rosa Araújo ou d’António Gedeão). Avec des enregistrements réalisés entre 1960 et 1980, il a construit une des plus représentatives carrières « d’intervention » dans l’histoire récente de la musique portugaise. Il est mort tôt, à l’âge de 40 ans et demain cela fera un quart de siècle. Et ce décès précoce est peut-être la seule explication du fait que, 25 ans après, sa voix soit tombée presque dans l’oubli, passant très rarement à la radio et étant pratiquement inconnue auprès des jeunes générations. Un hommage pourra t’il faire la différence ?phpThumb
Ce fut sans aucun doute l’idée qui a mené Movieplay (qui détient le catalogue d’Adriano Correia de Oliveira, ayant en 1994 réuni son intégral dans une boite anthologique de sept CD, Adriano : Obra Completa) à lancer ce défit. Henrique Amaro (d’Antena 3) a fait appel à des musiciens et groupes dont Ana Deus (avec les Dead Combo), pour créer une nouvelle version de Trova do Vento Que Passa, Nuno Prata (ex-Ornatos Violeta) dans Fala do Homem Nascido, la chanteuse de Fado Raquel Tavares dans Cantar para um Pastor ou Tim, l’interprète de Xutos & Pontapés, dans Tejo Que Levas as Águas.
La chanson comme arme
Adriano Correia de Oliveira est arrivé à Coimbra, à l’âge de 17 ans pour étudier le Droit. Les étudiants vivaient alors une période de tension et comme le décrit Manuel Alegre dans ses notes d’Obra Completa, « Une période d’impulsion et de pulsion, de changement et de mutation. (…) Les tabous et les mythes tombaient à terre, les barrières se soulevaient, le bâillon se resserrait et la répression était renforcée, mais quelque chose s’était mis en marche » (« um tempo de impulso e de pulsão, de mudança e mutação. (…) Ruíam tabus e mitos, levantavam—se barreiras, apertava-se a mordaça e reforçava-se a repressão, mas algo estava em marcha ») . Adriano a consacré un peu de son temps à des activités au sein des organisations d’étudiants dont Orfeão Académico, où il a été soliste.
Le fado de Coimbra a été sa première source de références, ce qui est référencé dans ses premiers disques, entre 1960 et 62, qui prépare le terrain pour une étape de rénovation de cette chanson (un processus qui au-delà d’Adriano, a impliqué d’autres personnalités comme José Afonso ou António Portugal).
En 1963, il a enregistré Trova do Vento Que Passa, à partir de vers de Manuel Alegre, une chanson qui comme plus tard Grândola de José Afonso, a gagné un pouvoir emblématique. Le poète (et politicien) a non seulement été l’auteur le plus chanté par Adriano Correia de Oliveira, comme il a été une figure centrale d’un des trois disques les plus significatifs de son œuvre et fondamentaux dans n’importe quelle discographie de musique populaire portugaise : O Canto e as Armas, de 1969. Les autres disques fondamentaux d’Adriano sont Gente Daqui e De Agora, de 1971, avec des compositions de José Niza, un disque qui élargit les horizons musicaux et d’une certaine façon un défit continuel avec Que Nunca Mais (1975), déjà sous la direction de Fausto (et élu en 1975 comme le disque de l’année par la revue britannique Music Week).
Une personnalité liée au PCP qui s’éloigne du parti déjà en rupture en 1981, soulevant à ce moment-là une vague de solidarité parmi différents musiciens de gauche.
25 ans après son décès, la voix d’Adriano fait partie de la mémoire de tous ceux qui ont vécu la même époque que lui et le sens des mots que sa musique chantait. Avec cet hommage, on essaye d’une certaine façon d’empêcher qu’il tombe dans l’oubli.
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